Hommage au chef d’oeuvre cinématographique d’Albert Lewin (1945)

 

 

 

 

 

POUVOIR ET Séduction

En 1945, au sortir de la seconde Guerre mondiale, l’américain d'origine juive Albert Lewin proposait une version cinématographique magistrale du “Portrait de Dorian Gray”, un grand classique romanesque élaboré autour de la thématique des images inverses, envisagées sur un plan moral, esthétique et social.

A la manière d’un hommage culturel, mais aussi par quête de sens, le spectacle proposé se place dans une dynamique proche de celle du film, comme en reflet - forcément inversé. Sa scénographie, puisée à des sources antérieures à 1945, permet de suggérer une parenté esthétique entre le film (et ses riches décors hollywoodiens) et le spectacle. Car le projet proposé se place d’emblée, avec ses décors, costumes et accessoires, dans une interprétation expressionniste d’un récit victorien romantique. Toujours, la dynamique du double, du miroir inversé, en cascade...

 

Posé non loin des événements tragiques de la seconde guerre mondiale, le spectacle porte ainsi un regard et une réflexion étonnante sur la question de la séduction et du pouvoir...
 

 

LA FICTION ET LA REALITE


Aussi, l’inspiration double du spectacle - à mi-chemin de la réalité (la IIème Guerre mondiale et l'expressionnisme allemand) et des arts (le film très esthétique de Lewin) vient tout naturellement rappeler une autre conjonction, tout aussi singulière, qui entoura la publication de l'ouvrage de Wilde.

 

En effet, écrit tout juste cinq ans après “L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mister Hyde” (R. L. Stevenson, 1886), le drame de Dorian Gray paraît moins de 3 ans après d’autres événements terribles - mais bien réels ceux-ci - qui se sont abattus sur Londres. En effet, à cette époque, c’est le mystérieux “Jack l’éventreur” qui allait orner de lettres de sang les dernières années de l’ère victorienne...

Un carrefour de sens et d’interprétations tout à fait stupéfiant.

 

Bernard Novet

 

 

 

 

"Je me suis pris de passion pour le cinéma magnifique qui arrivait d'Allemagne et d'Italie. Le mouvement expressionniste allemand était florissant, mais ce qui m'a vraiment bouleversé, c'est "Le Cabinet du Docteur Caligari", à mon sens le meilleur film jamais réalisé..."

 

Albert Lewin

(In "The Real Tinsel", de Bernard Rosenberg

et Harry Silverstein)

 

 

"Ses références n'étaient jamais là pour témoigner de sa culture hors du commun, mais tout simplement pour rappeler que l'histoire de l'Art ne s'arrête pas à un art, quelque soit son numéro, ni à une époque..."

 

Patrick Brion à propos d'Albert Lewin

(in "Albert Lewin")

 

 

"Il se plaisait curieusement à songer que l’Art, tout comme la Nature, a ses propres monstres de forme bestiale et à la voix horrible. Pourtant, après quelque temps, il s’en lassait et s’asseyait dans sa loge à l’Opéra, seul ou avec Lord Henry, pour écouter, ravi, Tannhäuser (de Wagner) et voir dans le prélude de cette grande oeuvre une représentation de la tragédie de son âme..."

 

Oscar Wilde

("Le portrait de Dorian Gray")
 

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