HISTORIQUE A REBOURS...
DECEMBRE 2009
la ballade des
planches
...et autres folies de Réveillon !
Une comédie de Jean-Paul Alègre
Mise en scène par Bernard Novet et les membres de la troupe.

30 et 31 décembre 2009
Bournens - salle villageoise
Quelque part en 3567, sur la terre...
... des explorateurs...
- Regarde-moi donc tout ça ! Quelle découverte ?!
- C'est un temple, une église ?
- Non... Tu plaisantes !! C'est un théâtre - oui - un véritable théâtre en
ordre de marche... Il n'a pas bougé depuis des siècles !
- Hé, les gars, je distingue des formes, là, dans le noir !
- Le public ?! Non ce n'est pas possible, comment veux-tu... Mince, tu as
raison, il y a encore des spectateurs...
Jeudi 31 décembre
Portes et verre de bienvenue
dès 19h00
“La ballade des planches”
et son repas de gala
20h00
*Consommé saveurs maritimes
*Fraîcheur du jardin et sa gourmandise
*Roastbeef du chef
petits légumes
*Carrousel de fromages du pays
*Plateau de desserts
*Café accompagné
*Pétillances du carillon
La ballade de la planche qui craque...
Alors, acteur, lorsque tu viens vers moi,
De ta botte de cuir...
De ton escarpin de satin...
Fais moi chanter, comédien !
Car au théâtre, tout est vie...
et mon chant de petite planche
est rassurant...
Lorsque tu danses !
LA BALLADE DES PLANCHES
Quête théâtro-comico-satirique
de Jean-Paul Alègre
DISTRIBUTION
Eliane Barbey
Raymond Vernez
Georges Pittet
Gaspard Amiet
Samuel Ebinger
Elisiário Souza Netto
Anne-Valérie Ebinger
Claudia Gueissaz
Katia Burri
Roberto Chavaillaz
Mireille Jotterand
Jacques Muggli
François Langer
Florence Favez
Joerg Hau
Lucienne Dematraz
Cédric Rigoli
DÉCORS
Une part de mystère...
COSTUMES
Quelques tissus si simples...
RÉGIE LUMIÈRE
Pierre-André Nicole
RÉGIE SON
Daniel Grand
MISE EN SCÈNE
Bernard Novet,
avec les comédiens
* * * *
2009
le proces de mary
dugan
Drame judiciaire de Bayard Veiller
Mise en scène par Bernard Novet

Du 2 au 10
octobre 2009
Cheseaux-sur-Lausanne
Tribunal de
New York, 1928...
L’ Avocat général :
Mesdames, Messieurs les Jurés, l'affaire se présente ainsi : M. Edgar
Rice, président de la National Securities Association, un homme dont la
fortune, la situation, le rang social étaient considérables, a été trouvé
mort, au matin du lundi 19 avril, dans l'appartement de l'accusée Mary Dugan,
connue professionnellement sous le nom de Mona Tree. Il avait été poignardé
- dans le dos - par la femme qu'il entretenait...
Mesdames, Messieurs les Jurés, quel que profond désir que j'aie de ne pas
attenter à la mémoire d'un homme respectable, je dois dire que M. Edgar Rice,
pourtant bon père et bon époux, menait secrètement, auprès de cette femme,
une vie irrégulière, qu'il a, hélas, expiée dans une mort honteuse.
Quant à l'accusée, populaire pour son charme et sa beauté, elle est, depuis
plusieurs années, entraîneuse aux "Folies".
Avant que les témoins ne fassent dérouler devant vous ce douloureux procès
dans tous ses détails, laissez-moi d'un mot, pour superflu que soit cet
avertissement à des personnes telles que vous, vous mettre en garde contre
la jeunesse, la beauté de cette femme et sa dangereuse séduction...
Justice(s) en question...
Résonnant curieusement avec les récentes tribulations judiciaires, et très
genevoises, de l’assassin - dit-on “assassine” ? - d’un célèbre banquier
français, le drame que vous présente ce soir la compagnie Des Deux masques a
pourtant l’avantage de n’être que pure fiction...
Enfin, presque ! Car s’il est absolument vrai que tout est absolument...
faux dans la terrible affaire Mary Dugan, reste cette réalité immuable qui
fait que sexe et argent, origine et rang social se mêlent et s’entremêlent
jusqu’au coeur de la justice.
“Selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vous
rendront blanc ou noir...”, disait La Fontaine en son temps !
Quelle fable ! Au pays de la démocratie ? Rien de tel, sans doute...
Quoi que... Comme à chaque fois, la mise en scène du grand théâtre de la
justice devient sa mise en... abîme ! L’incarnation même de ce qui rend
possible la coexistence entre les hommes se retrouve au banc des accusés.
Justice de classe, à la solde du plus riche, dans une société façonnée par
et pour la bonne fortune et la puissance des possédants ?
Probablement pas, vous exagérez... Cela ne serait guère raisonnable et
compatible avec l’idéal humaniste et républicain. Ou alors, juste un peu,
entre les lignes...
Parole de “danseuse” contre parole de banquier ! Rien ne va plus... 1929,
c’est la grande crise... Déjà... Encore...
Bernard Novet
(tiré du
programme)
DISTRIBUTION
Juge Paulson Eliane Barbey
Greffier Martin Rengier
Avocat général Denis Roch / Bernard Novet
Jimmy Nicolas Rutz
Maître West Raymond Vernez
Huissier Edmond Périsset
Pauline Aguerro Claudia Gueissaz
Avocat de Pauline Aguerro André Gueissaz
Docteur James Welcome Georges Pittet
Inspecteur Hunt Samuel Ebinger
James Madison Elisiário Souza Netto
May Harris Tania Cuany
Ferne Arthur Katia Burri ou Julie Zimmermann
Dagmar Lorne Elisabeth Crot
Gertrude Rice Danielle Martin
Patrick Kearney Roberto Chavaillaz
Harriet Plaisted Mireille Jotterand
Substitut de l’avocat général Jacques Muggli
Journaliste Joerg Hau
Sténographe Philippe Treutenaere
Marie Ducrot Lucienne Dematraz
Capitaine Price François Langer
Policier Cédric Rigoli
Membres du jury Les spectateurs
et
Mary Dugan Florane Gindroz

DÉCORS
Pierre-André Nicole
Florane Gindroz
et des membres de la troupe
COSTUMES
Sylviane Vernez
et des membres de la troupe
RÉGIE LUMIÈRE
Pierre-André Nicole
RÉGIE SON
Daniel Grand
* * * *
FEVRIER 2009
SOIRÉE SPÉCIALE AVEC FRANCOIS MARGOT
Cliquez ici...
* * * *
2008
lE PORTRAIT
DE DORIAN GRAY
Spectacle de théâtre musical d'après Oscar Wilde
Adapté et mis en scène par Bernard Novet
Pages spéciales : cliquez sur l'affiche

* * * *
2007
lE FANTÔME
DE CANTERVILLE
D'après Oscar Wilde
Adapté par Daniel Grand
Mise en scène : Daniel Grand et Samuel Ebinger

un spectacle déchaîné…
Avec le "Fantôme de Canterville", Oscar Wilde trempe sa
plume dans l'encrier du conte fantastique. Mais il décrit un univers sombre
avec de l'encre de couleur.
Conte pour enfant ? Pas vraiment. Avec humour et
dérision, Oscar Wilde bouscule le fantôme et le transforme en arroseur
arrosé. De plus, avec un certain cynisme, il crée un choc entre deux
sociétés: le conservatisme de l'aristocratie britannique d'un côté et le
modernisme américain imprégné de matérialisme de l'autre. Chacun se
retranche derrière sa culture, s'englue dans ses principes et ses schémas.
Seule Virginia (fille du ministre américain) trouve une voie transversale
pour relier deux positions inconciliables. D'ailleurs elle finit dans les
bras d'un des plus purs produits de la noblesse anglaise…
Il faut relever que ce texte, écrit il y a plus de cent
ans, reste d'une redoutable actualité : l'être humain a-t-il vraiment
évolué?
L'adaptation théâtrale s'est laissée prendre dans cette
bousculade générale : M.Podgers est issu d'une autre nouvelle d'Oscar Wilde,
Dürrenmatt plante la clôture du poulailler et Shakespeare sort de son
tombeau pour nous mettre à disposition ses fossoyeurs… L'accompagnement
musical passe du jazz à la musique sacrée... L'acteur devient metteur en
scène et le metteur en scène devient acteur. Mais rassurez-vous, le
spectateur reste le spect(re)ateur…
Une drôle de fantômatique soirée !
Daniel Grand
" S'il existait un fantôme en Europe, nous
l'annexerions à bref délai pour le montrer au public dans un de nos musées
ou dans un champ de foire. " M.Otis
" Quel climat impossible. J'ai l'impression que ce
vieux pays est tellement surpeuplé qu'il est incapable de fournir un temps
convenable à tout le monde. " M.
Otis
" Le monde est une scène de théâtre, mais la
distribution est mal faite… "
Le fantôme
" Vous savez, les gens sont si ennuyeux aujourd'hui.
Tous mes pianistes ont exactement l'air de pianistes et tous mes poètes
exactement l'air de poètes. " Lady Windermere
" Le confort est la seule chose que notre civilisation
puisse nous donner. " M.
Podgers
" La meilleure assise du mariage, c'est un malentendu
mutuel... " Sir Thomas
" Je connais des quantités de gens qui donneraient
cent mille dollars pour avoir un fantôme de famille. "
Virginia
" Allons, ne te tape plus le cervelet, compère
piocheur. Car tu auras beau battre ton vieil âne, son pas ne deviendra pas
meilleur. "
Fossoyeur
DISTRIBUTION
Spectacle hylo-idéaliste d’après Oscar Wilde
et quelques autres textes distillés
dans une cuvée alambiquée par Daniel Grand
PAR ORDRE D’ENTREE EN SCÈNE
Oscar (fils du fantôme) .... Alban Le Vallois
Sir Simon (le fantôme) .... Samuel Ebinger
Nestor .... Jacques Muggli
Récitant 1 .... Georges Pittet
Récitant 2 .... Danielle Martin
Lord Archibald de Canterville .... Roberto Chavaillaz
Arthur W. Otis .... Joerg Hau
Lucretia Otis .... Catherine Novet
Washington Otis .... André Gueissaz
Virginia Otis .... Anne-Valérie Ebinger
Mic Otis (jumeau 1) .... Gaspard Amiet
Mac Otis (jumeau 2) .... Amiet Gaspard
Miss Umney .... Lucienne Dematraz
Sir Thomas .... Raymond Vernez
La duchesse de Paisley .... Caroline Humbert
Lady Gladys Windermere .... Nicole Arnaud
Septimius Podgers .... Bernard Novet
Lady Pénelope Startup .... Sophie Cottier
Duc Edouard de Glouchester .... Jérôme Grand
Fossoyeur 1 .... Louis Schneiter
Fossoyeur 2 .... Edmond Périsset
Le Pinkerton Manager .... Elisiário Souza Netto
MIME
Raymond Vernez
DÉCORS
Florence Pugliese, Claudia Gueissaz, André Hiernaux
COSTUMES
Catherine Novet, Danielle Martin, Caroline Humbert
RÉGIE LUMIÈRE
Pierre-André Nicole
RÉGIE SON
Daniel Grand
MISE EN
SCÈNE
Daniel Grand et Samuel Ebinger
* * * *
2006
l'eventail
de lady de winter
D'Oscar Wilde
Mise en scène : Bernard Novet
Ce spectacle a fait l'objet d'un petit reportage sur TVbourdo.net, dans le
cadre de l'émission de José "Coulisses". Si l'envie vous démange d'y faire
un petit tour...
C'est par
ici.

Roses rouges, roses blanches...
“ Nous ne devons plus jamais être séparés... Oh Arthur, allons à Selby !
Dans le jardin des roses, à Selby, les roses sont blanches et rouges ! ”
Margaret de
Winter
Dans sa fameuse “Ballade de la geôle de Reading”, très poignant texte de
1898, publié à peine quelques mois après sa sortie de deux ans de travaux
forcés, Oscar Wilde écrivait : “La douce terre de Dieu est plus douce
qu’homme ne sait; la rose rouge y fleurirait plus rouge, et plus blanche la
rose blanche... Mais rose rouge ni lactée ne peut fleurir dans l’air d’une
prison !”
A l’image de le la rose blanche, symbole de la pureté d’un coeur purifié, et
de la rose rouge, vibrante du sang de la souffrance mais aussi de l’amour,
c’est une Margaret de Winter transfigurée qui apparaît à la fin de la pièce,
prête à cueillir son destin, enfin sauvée de l’enfer de ses bonnes
intentions et du fardeau de la morale dont l’avait chargée son éducation
d’orpheline...
Il lui aura fallu s’approcher dangereusement du gouffre qui l’attendait, et
où d’autres avant elle étaient tombées, pour réaliser tout ce qui sépare,
dans le jardin victorien de l’Angleterre d’alors, les fleurs des épines,
l’apparence et la bonne morale, de la vérité et de l’amour.
“Et toujours, entendre le rire, l’horrible rire du monde...”
Madame
Erlynne
Quelques temps après avoir écrit sa “Ballade”, Oscar Wilde quittait
l’Angleterre pour Paris, où il devait mourrir d’une méningite en 1900...
Bernard Novet
Extrait du
papillon

LA PIECE
Sur le
point de fêter son anniversaire dans le bonheur le plus parfait, la toute
jeune maman Margaret de Winter apprend que son mari, Arthur de Winter,
brillant homme d’affaires, entretient une liaison très coûteuse avec une
femme dont toute la société semble connaître les turpitudes et la petite
vertu.
Sous le coup de l’émotion, elle prend la décision de quitter le foyer et
d’aller se réfugier chez Darling, un ami de la famille qui ne cesse de la
courtiser depuis des années.
Ce faisant, elle prend sciemment le risque de ruiner son mariage, et
d’abandonner son enfant…
Ecrite en 1893, « L’Eventail de Lady Windermere » est la première comédie
d’Oscar Wilde à avoir été présentée au public. En effet, un premier texte
dramatique (« Vera et les nihilistes »), présentant une tragédie politique,
fut interdite de représentation en 1881. La Compagnie Des Deux Masques a
choisi de déplacer l’intrigue de la pièce de la fin des années 1800 aux
années 1930, d’où la légère adaptation du titre.
Drôle, brillante, cruelle, « L’éventail » réunit une pléiade de personnages
en un tourbillon qui, l'espace d'une nuit de bal, mènera la jeune et ingénue
Lady Windermere au bord du gouffre…
CE QU’EN DISENT LES EDITEURS
"Il y a une ironie amère dans notre façon de classer les femmes en deux
catégories, les vertueuses et les immorales. " Lady Windermere, qui ignore
tout de Mrs Erlynne, avouera-t-elle à son mari qu'elle a cru adultère ce que
faisait son éventail chez Darling ? Mrs Erlynne, qui s'est accusée
faussement de l'y avoir oublié, livrera-t-elle ses raison ? " Parler, c'est
revivre tout cela à nouveau. Les actions sont la première tragédie de la
vie, les mots sont la seconde ! Les mots sont peut-être la pire. Les mots
sont sans pitié. " Chacune pourtant gardera son secret, l'une parce qu'elle
est innocente, l'autre amorce qu'elle est sa mère. La discrétion est une
ascèse que Wilde oppose à l'hypocrisie cachottière que pourrait symboliser
l'éventail.
« Sacrifice maternel et frivolité mondaine. Une pièce qui traite de la
"relativité du sens moral". Un jaillissement de paradoxes qui fait de
l’œuvre une "comédie du meilleur Wilde" »
« Qui est Madame Erlynne, femme libre, d’une grande beauté et de mœurs que
l’on dit légères ? Comment a-t-elle à ce point pu tourner la tête de Lord
Windermere, jeune époux que l’on croyait amoureux, mais qui lui fait des
visites quotidiennes et dépense pour elle de fortes sommes d’argent ? Et
cette pauvre Lady Windermere qui ne se doute de rien… Mais dans cette
société londonienne du XIXe siècle, il se trouve rapidement une bonne âme
pour lui rapporter la réalité de ces agissements scandaleux. Pour sa
première comédie, Oscar Wilde, a choisi de décrire dans le détail les us et
coutumes d’une aristocratie vaniteuse et vaine qui occupe ses journées en
commérages de bas étages, en mondanités futiles et tractations acharnées sur
les conditions dans lesquelles on cédera ou non la petite dernière dans le
cadre d’un mariage arrangé et fructueux.
« L’éventail de Lady Windermere est surtout l’occasion pour Oscar Wilde de
donner au public la mesure de son talent et de son anticonformisme. Plus que
l’histoire elle-même, qui est d’ailleurs la photographie d’une époque et
d’un milieu tout à fait passionnante du point de vue historique, ce sont
tous les bons mots, les aphorismes, les petites phrases cyniques et
assassines que Wilde y glisse qui font l’intérêt de cette pièce.
Joël Fompérie
OSCAR WILDE (1854 – 1900)
Fils d'un chirurgien et d'une poétesse très engagée politiquement, Oscar
Fingal O'Flahertie Wills Wilde fait d'abord de brillantes études à Dublin -
la ville de sa naissance - puis à Oxford, où il termine premier de sa
promotion.
En 1878, il reçoit le prix Newdigate, pour son poème “Ravenne”, et devient
bientôt la figure emblématique du mouvement de l'Art pour l'Art.
Wilde s'installe à Londres en 1879 : séduisant, raffiné et subtil, il est
fêté dans toute l'Angleterre. Il développe rapidement sa théorie de
l'esthétisme et donne des conférences sur ce thème aux États-Unis en 1882.
Il devient rédacteur en chef de “The Womans' World”.
Deux ans plus tard, Wilde épouse Constance Lloyd qui lui donnera deux fils,
Cyril et Vyvyan.
C’est en 1891 qu’il rencontre Alfred Douglas et que devient connue son
homosexualité. Rapidement, son étoile se ternit. Condamné après avoir
attaqué pour diffamation le père de son ami, Wilde voit la société anglaise
se retourner contre celui qu’elle a admiré, et ce malgré les succès de ses
pièces les plus populaires, “Un mari idéal” et “L’importance d’être
constant”.. Wilde est condamné en 1895 à deux ans de travaux forcés pour
“actes indécents”. Des extraits du “Portrait de Dorian Gray” seront utilisés
alors contre lui...
Libéré en 1897, il quitte l'Angleterre pour la France...
Commence alors une période de déchéance dont il ne sortira pas vraiment.
Malgré l'aide de ses amis, il finit ses jours dans la solitude. En 1900,
Oscar Wilde meurt en exil volontaire à Paris, probablement d'une méningite.
Il a 46 ans.
Il est enterré au cimetière du Père Lachaise, à Paris.
QUELQUES
REPLIQUES…
DARLING
Cette femme a de la pureté et de l'innocence. Elle a tout ce que nous autres
hommes avons perdu.
JAMES ROYSTON
Merci pour nous…
BOB GRAHAM
Au nom du ciel, qu'est-ce que nous autres ferions de la pureté et de
l'innocence ? Une boutonnière bien assortie fait beaucoup plus d'effet.
MADAME COOPER
James !?…Savez-vous si Berkeley sera des nôtres ce soir ?
JAMES ROYSTON
Je ne vois vraiment pas ce que vous lui trouvez, à ce Berkeley…
MADAME COOPER
Il danse divinement bien. D'où peut-être l'indifférence que lui portent les
joueurs de bridge…
DUMBY
Les femmes sont de petites choses hors de prix.
JAMES ROYSTON
Hélas, l'une ne va pas sans l'autre… Même le bridge reste plus raisonnable,
finalement…
EDOUARD
Vous pouvez rire, mais c'est une chose exceptionnelle de rencontrer une
femme qui vous comprenne tout à fait.
JAMES ROYSTON
Vous êtes bien chanceux…
DUMBY
C'est surtout terriblement dangereux. Cela finit toujours par un mariage.
JAMES ROYSTON
Dans ce cas, mieux vaut encore perdre aux cartes !
LA
DISTRIBUTION
Margaret de Winter .... Florence Favez
Peter .... Raymond Vernez
Darling .... Gaspard Amiet
Duchesse de Berwick .... Danielle Martin
Cathy Carlisle .... Anne-Valérie Ebinger
Arthur de Winter .... François Langer
Richard Dumby .... Samuel Ebinger
Annabelle Sutton .... Claudia Gueissaz
James Royston .... Georges Pittet
Jackie Cooper .... Catherine Novet
Caroline Jedburgh .... Lucienne Dematraz
Louis Berkeley .... Elisário Souza Netto
James Hopper .... Joerg Hau
Taxi .... Edmond Périsset
Edouard Lorton .... Roberto Chavaillaz
Bob Graham .... Cédric Rigoli
Laura Morgan .... Nicole Arnaud
Madame Erlynne .... Eliane Barbey
Patricia .... Sophie-Caroline Cottier
Décors
Pierre-André Nicole et Bernard Novet
Peintures
Florence Pugliese
Régie
lumière
Pierre-André Nicole
Régie son
Daniel Grand
Mise en
scène
Bernard Novet
* * * *
2005
THEATRE SANS ANIMAUX
De Jean-Michel Ribes
Mise en scène : Bernard Novet

Sketches humoristiques, sarcastiques, tendres, surréalistes, grinçants,
amers, hirsutes, somnolents, noir, blancs, rouges, amoureux,
circonstanciels, officiels et pratiques, confectionnés par Jean-Michel Ribes,
et servis avec leur encadrement...
Extrait du
papillon...
Quelques perles de souvenir,
accrochés comme des tableaux de maîtres au mur de la galerie des mots...
- C’est le premier qui a vraiment
compris la perspective... Tu vois ?
- Pas bien.
- Faut regarder de loin.
* * *
- Si tu plisses les yeux devant
un Ingres ça fait comme un Monet.
- Oui ça je le savais.
* * *
- Moi je suis pour que les
enfants regardent les sexes au musée plutôt qu’à la télévision.
- Surtout les sexes classiques.
* * *
- Quand on pense qu’entre Giotto
et Paul Klee, il n’y a même pas mille ans
- Ça fait drôle, c’est vrai.
* * *
- Ça tu vois c’est la pleine
période du romantisme en peinture.
- Je n’aime pas.
- Pourquoi ?
- Trop marron.
- Trop marron ?
- Oui, ça me rappelle l’automne.
- L’automne c’est pas marron,
Jacqueline.
- Ah bon ! ? La nature ne devient
pas marron, en automne ?
- Je dirai plutôt qu’elle
roussir, qu’elle jaunit, qu’elle se couvre d’or.
- C’est la fête, quoi ?
- Oui, on peut éprouver une
certaine joie devant toutes ces couleurs flamboyantes.
- Je te rappelle que papa est
mort un 18 octobre !
- Mais Jacqueline...
- Vous êtes vraiment des
monstres, les amateurs d’art ! !
* * *
- Je ne retrouve plus les
Kandinsky, c’est dingue ! Les Kandinsky je te dis, je ne les retrouve
plus... LES-KAN-DIN-SKY Je peux pas gueuler dans un musée, Richard !
* * *
ART
MODERNE...
- C’est un extincteur, je te dis
que c’est un extincteur !
- Tu es fatigant, Jean-Paul.
* * * *
2003
LES PHYSICIENS
De Friedrich Dürrenmatt
Mise en scène : Bernard Novet

Dans le salon de la Villa, actuellement peu peuplée, se tiennent d’ordinaire
trois pensionnaires qui, par hasard, sont trois physiciens — ce n’est
d’ailleurs pas tout à fait par hasard, car en s’inspirant de principes
humanitaires, on assemble ici ceux qui se ressemblent. Ils vivent chacun
pour soi, enfermés dans leur monde imaginaire, prenant leurs repas en commun
au salon, discutent parfois de leur science, ou se taisent en regardant
fixement devant eux : fous inoffensifs, dociles, faciles à mener et sans
exigences.

Bref, ils feraient des malades modèles, s’il ne s’était pas récemment
produit quelque chose d’inquiétant, disons même… d’atroce.

Il y a trois mois, l’un d’eux a étranglé une infirmière, et voilà que le
même fait vient de se reproduire. Si bien que la police se trouve une
deuxième fois dans l’établissement...
Friedrich
Dürrenmatt
Prologue à sa pièce

* * * *
2001-2002
LA SOURICIERE
d'Agatha Christie
SPECTACLE ANNIVERSAIRE
Mise en scène : Bernard Novet
Jouée sans interruption depuis 50 ans dans le West end de Londres, "La
Souricière" s’est hissée depuis au rang de curiosité nationale, au même
titre que les bijoux de la couronne, "Cats", la Tour de Londres, Big Ben
et... les "fish and chips" !

La Souricière, d’Agatha Christie
Avec la
dramaturge britannique, que la Compagnie a déjà jouée il y a trois ans,
c’est à nouveau le récit populaire, celui qui traîne son allure désuète sur
les quais de gare du monde entier, qui s’invite sur nos planches en cette
année particulière. Un théâtre populaire – au sens noble du terme - qui sied
à la fête, paradoxalement, malgré les ombres du récit. Et qui permet aussi,
même si la grande Dame referme malicieusement sa boîte de Pandore sur une
dernière pirouette outrageusement caricaturale, de jeter un regard cru et
sans pitié sur certaines facettes de la condition humaine.
"Je suis de ceux qui pensent appartenir au groupe d’humains pour lequel
Shakespeare écrivait. J’ai pris dès mon plus jeune âge l’habitude d’aller
voir jouer ses pièces et je crois fermement que c’est le seul moyen de le
comprendre. Shakespeare écrivait par goût du spectacle, à l’intention de
ceux qui aiment aller au théâtre. J’ai souvent amené ma fille à Stratford,
puis mon petit-fils ainsi que mes neveux et nièces. L’un de ces jeunes
garçons me dit un jour après une représentation de Macbeth : Je n’aurais
jamais pensé que c’était ça, Shakespeare. C’est formidable, des histoires de
gangsters, tellement excitant et réel !"
Agatha
Christie, Lettre au "Times", 1973

AGATHA CHRISTIE
Ashfield,
Torquay, Devonshire, Ealing... Tant de noms qui fleurent bon l’aristocratie
provinciale anglaise et ses farouches accents victoriens. Curieux dès lors
d’y voir naître, le 15 septembre 1890, la petite Agatha Mary Clarissa
Miller. Curieux, pour la bonne raison que ce troisième enfant - tardif - de
Frederik Miller et Clara West allait devenir la reine du crime, vendant à
elle seule quelque deux milliards et demi de livres, soit à peine moins que
son compatriote William Shakespeare, champion hors catégorie au rayon des
libraires. Mettre ainsi côte à côte ces noms n’est d’ailleurs pas sans
risques, car ces deux monstres sacrés n’ont pas été logés à la même enseigne
de l’histoire de la littérature... Et pourtant, combien de tragédies, de
drames, de trahisons, de crimes de sang, de meurtres, chez l’un comme chez
l’autre. Où donc se terrent les différences, réelles ou prétendues,
artistiques ou humaines, qui font d’un auteur un romancier, d’un autre un
génie, d’un troisième un poète ? Difficile question à laquelle on ne peut
répondre que par de subjectives certitudes…
Ce qu’il
faut entrevoir en tout cas, dans la vie discrète et parfaitement insondable
de Dame Christie, c’est cette fascination pour la mécanique romanesque, cet
indicible besoin de se dévoiler parfois au coin d’un personnage. Et
peut-être, au long de la centaine de récit qu’elle allait écrire,
l’impérieuse envie, qui est celle de tout être humain, de laisser sa trace
dans son monde.
Bernard
Novet
Extrait du
papillon
La version de "La Souricière" que propose la Compagnie cette année reprend,
en préambule et en extérieurs, quelques passages du roman original dont la
pièce est tirée.
LA
SOURICIERE
Mollie Ralston ..... Florence Favez
Giles Ralston ..... Jean-Christophe Pezerat
Christopher Wren ..... François Langer
Madame Boyle ..... Eliane Barbey
Major Metcalf ..... Georges Pittet
Miss Casewell ..... Danielle Martin
Paravicini ..... Gaspard Amiet
Sgt. Trotter ..... Jean-Claude Glur
Voix à la radio ..... Jean-Pierre Weber
Insp. Parminter ..... Samuel Ebinger
Sgt. Kane ..... Cédric Rigoli
En extérieurs
Deux dames irascibles ..... Catherine Novet et Lucienne Dematraz
Chef de Gare ..... Louis Schneiter
Mendiants ..... Edmond Périsset et Laurence Savary
... ainsi que tous nos figurants, chauffeurs de train, de voiture,
d'ambulance, voyageurs, choristes paroissiales et prostituée ...
Décors
Jean-Christophe Pezerat, Pierre-André Nicole, Daniel Grand et Bernard Novet
Costumes
Catherine Novet, François Langer, Florence Favez et Eliane Barbey
Technique
Pierre-André Nicole, Daniel Grand et Sébastien Marquis
Mise en scène
Bernard Novet
"La garde robe du rêve de désir contient des déguisements innombrables, mais
un petit nombre de personnages réels se cachent sous ces masques découpés à
même la nuit." Il me semble que ces lignes de Marguerite Yourcenar ("Les
Songes et les sorts") recèlent comme le fantôme de votre propre oeuvre,
qu’elles sont comme l’image dessinée sur le manteau d’Arlequin de votre
théâtre d’ombres étranges. En somme, j’y trouve la métaphore de ma propre
vision de vos écrits. Non pas bien sûr la clef du mystère, mais, l’espace
d’un éclair, comme un filtre magique au travers duquel bien des scènes de
vos romans et de vos pièces peuvent être lues et relues avec profit."
François
Rivière, "Agatha Christie, Duchesse de la mort",
Editions du Masque, 2001

SOIREE DE GALA
31.12.2001 et 5.01.2002
Consommé Big Ben aux petits légumes
La mousse Westminster aux herbes du jardin
Le mignon St-James et son cortège des bois, nouillettes et fraîcheurs
potagères
Carrousel de fromages
Valse de fruits et douceurs des caraïbes
Pétillances et Carillon...
* * * *
2000
LA BELLE VIE
de Jean Anouilh.
Mise en scène : Bernard Novet

"Derrière l'image que renvoie le théâtre et son jeu d'ombres et de lumières,
il faudra bien apercevoir le reflet fugitif d'un monde qui ressemble fort…
au nôtre !"
Extrait du programme

Aux pays des guérilleros, des cigares et de la révoluçion, une satire féroce
sur les rapports de pouvoir... Une poignée d'aristocrates en pleine
déliquescence, un régiment de révolutionnaires en voie de fonctionnarisation
et quelques businessmen aussi véreux qu'opportunistes se disputent une place
au soleil. Mais le destin que leur impose l'auteur ne leur permettra pas d'y
stagner longtemps. La médiocrité et l'immobilisme risquent fort de sortir
vainqueurs du combat.
Un délice piquant et amer à déguster en musique, au musée du Peuple, avec
citron et Tequila !
Extrait du
programme
"Dans l’œuvre de Jean Anouilh, personne ne semble échapper, dans sa quête de
grandeur et de bonheur, à l'ultime bassesse du réel - à l'image du
personnage d'Antigone, dont il fera l'héroïne tragique de l'un de ses plus
fameux textes en 1942. C'est sans doute dans cette amertume et cette révolte
contre le destin qu'il puise une grande part de sa force dramatique, et
aussi, pour notre plus grand plaisir, son goût appuyé pour la satire
implacable."
Extrait du
programme
"Je vous ai fait scrupuleusement deux enfants, Madame, comme j'ai fait
deux guerres, comme c'était mon devoir. Mais pour les guerres, on m'a
décoré!..."

"Un seul fait est sûr, c'est qu'il n'y aura jamais assez de cigares pour
tout le monde..."
"L'hiver vient et tout ce petit monde va avoir froid aux pieds, comme
avant la Révolution..."

* * * *
1999
LE VALLON
d’Agatha Christie
Traduction originale et mise en scène : Bernard Novet
Agatha Christie enquête au Casino !

La
"Compagnie des Deux masques", fêtera en 2001 son 20ème anniversaire. Autant
dire que cette troupe d’amateurs passionnés a déjà roulé sa bosse et n’en
est pas à sa première scène. Composée d’un noyau fort et d’acteurs qui
satellisent au gré des pièces et des spectacles, elle nous offre à voir,
cette fois-ci, de beaux rôles féminins dont l’importance est grande. Ainsi
Stéphanie Janin nous dépeint Henrietta Angkatell, personnage clé de
l’histoire, avec une aisance admirable.
Elle soutenue par une distribution bien sentie et interprétée avec beaucoup
de cœur. Lady Lucy Angkatell, magistralement interprétée par Eliane Barbey,
et Sir Henry (Samuel Ebinger), maître de maison, ont donc fort à faire avec
tout ce petit monde. Mais heureusement, le fidèle Gudgeon (Georges Pittet)
veille au grain, dans un style veille Angleterre et avec beaucoup de
panache.
Un bon moment de détente, mais aussi d’intérêt pour ce qui est fait chez
nous. On ne le répétera jamais assez, pourquoi cherchez plus loin ce qui
existe ici ?
P.T., "
Journal du district de Cossonay "
19.3.99

le vallon
Par ordre d’entrée en scène
Henrietta Angkatell - Stephanie Janin
Lord Henry Angkatell - Samuel Ebinger
Midge Harvey - Florence Favez
Lady Lucy Angkatell - Eliane Barbey
Gudgeon - Georges Pittet
Edward Angkatell - Francois Langer
Doris - Laurence Savary
John Cristow - Georges Renou
Gerda Cristow - Lucienne Dematraz
Mme Medway - M.-C. Bachmann
Simmonds - Edmond Perisset
Veronica Craye - Marylin Bagarozza
Le Docteur Murdock - Louis Schneiter
Fidget - Carla Rouge
Policier - Joerg Hau
Infirmier - Adrien Knecht
Inspecteur Colquhoun - Jean-Chr. Pezerat
Sergent Penny - Christian Gaillard
Sergent Bold - Claude Berney
La vendeuse - Danielle Martin

Traduction originale et adaptation du texte
Bernard Novet
Décors
KATASPOK décors
Katalin Kallay, Carole Ruchet et Philippe Veluzat
Costumes
Catherine Novet
Maquillage
Sophie Cottier
Régie Lumière
Pierre-André Nicole
Sonorisation
Bernard Novet
* * * *
1998
CAVIAR OU LENTILLES
de Giulio Scarnicci et Renzo Tarabusi
(adaptation française Jean Rougeul)
Mise en scène : Bernard Novet
"Le rire nous introduit au cœur du sujet : la nécessité de croire en la
dignité de tout homme… "
A. Alter

En ces temps moroses où chômage et espoirs de reprise se disputent la
première place aux tables du Café du Commerce, la farce napolitaine de
Scarnicci et Tarabusi vient à point nommé pour remettre l’homme au milieu du
village. Car entre éclats de rire et duperies, sous les lessives et le
soleil – parfois bien caché – d’Italie, c’est bien la foi en l’homme que
décline, à tous les temps de la comédie, "Caviar ou lentilles".
Extrait du
programme

* * * *
1996
LES CERISES DU VALLON DE GUEUROZ
d’Eugène Rambert et William Thomi
Adaptation et mise en scène : Bernard Novet
"Quelques maisons rustiques, ombragées de beaux arbres, des champs, des
prairies vertes, et, tout auprès de l’abîme, la gorge terrible, œuvre des
eaux et des siècles : voilà le vallon de Gueuroz..."
Eugène
Rambert, Octobre 1864

Echallens - Un spectacle
exceptionnel au Château !
Exceptionnel, oui, et marqué de l’enthousiasme et de la conviction de tous
les participants à cette étonnante réalisation où se mêlent texte, musique
chorale et musique instrumentale. L’argument ? L’amour d’une mère pour son
fils, la vie de montagnards valaisans aux abords des terribles gorges du
Trient, au siècle dernier…
La musique
est l’œuvre de Michel Oguey, instituteur et organiste, professeur de musique
à Oron-la-Ville. Dans sa musique, le compositeur a réussi une très belle
symbiose dans laquelle s’expriment la force de la montagne et la puissance
des sentiments qu’elle inspire. Une musique très nouvelle mais à laquelle il
est facile d’adhérer totalement, et qui fait un heureux contrepoint au
rythme plus lent du texte.
L’ensemble vocal et les musiciens sont placés sous la conduite d’Olivier
Piguet, qui dirige notamment le Chœur des gymnases lausannois, l’ensemble
vocal BIS et le chœur mixte La Tarentelle d’Echallens.
Minon Meyer,
" L’Echo du Gros de Vaud, 1996 "
Cors des Alpes et cerises à Cheseaux
Avec "Les
Cerises du Vallon de Gueuroz", Bernard Novet signe l’adaptation d’une
nouvelle de l’auteur suisse Eugène Rambert. Cette création est aussi sa
première mise en scène, qui se révèle excellente. Rambert, qui s’était
promené autrefois dans le vallon du Gueuroz, y revient des années plus tard
et guide les spectateurs dans la tragique destinée de Rose-Tonie (Elisabeth
Crot), l’aimable femme qui lui avait offert des cerises lorsqu’il était
enfant... (...)
Emmanuelle
Ryser, "24 Heures"

CRASSIER
La salle
communale a renoué avec le théâtre pour un succès
La Salle communale a vécu samedi une soirée exceptionnelle avec la venue de
la Compagnie des Deux masques. En effet, le fait qu’une troupe de cette
qualité se déplace jusqu’aux confins du pays est remarquable : il y avait
longtemps que les trois coups n’avaient plus retentis à Crassier !
"Quotidien
de la Côte "
Art populaire
"Avec ce
spectacle, souligne le metteur en scène, nous avons voulu renouer avec un
art populaire au vrai sens du terme." La mise en scène, la musique, la
création des décors et des costumes, les accessoires utilisés ont été conçus
et pensés en fonction de cette exigence. La création de ce spectacle, qui
regroupe des comédiens amateurs et des musiciens de différentes régions de
Suisse romande, a nécessité de longs mois de travail. "Si nous avons pu
monter cette pièce, insiste Bernard Novet, c’est parce que tout le monde
s’est mouillé. Toutes les salles de notre tournée sont mises gratuitement à
notre disposition. On nous a prêté deux camions pour transporter le
matériel. L’infrastructure technique appartient à la troupe. Nous avons en
outre bénéficié de l’aide de la commune de Cheseaux et de sponsors privés."
Ce projet a aussi pu voir le jour dans de telles conditions car il a été
monté dans une structure de théâtre amateur, c’est-à-dire dans un univers où
le bénévolat conserve encore ses lettres de noblesse, où les gens se
retrouvent pour vivre ensemble, et pour le plaisir, une belle aventure!
Armande
Reymond, " Journal de l’Ouest "
5 septembre 1996
* * * *
1995
ALICE
De Lewis Carroll
Mise en scène : Philippe Grand
Alice vit une vie tout à la fois confortable et monotone. Curieuse, elle
décide de traverser le miroir pour découvrir un monde différent, un au-delà
du miroir brillant, séduisant mais qui va se révéler complètement
irrationnel...

De ce monde, Alice veut devenir Reine et apprend que pour cela, elle doit
franchir chaque case de l’échiquier du miroir. C’est pour elle un parcours
initiatique auquel elle ne pourra se soustraire. Chaque case l’amène à faire
connaissance avec des personnages allégoriques et mystérieux qui
l’accueillent avec leur logique, leurs normes, évidemment incompatibles avec
les siennes…
Alice finit par devenir Reine. Elle doit alors affronter la rivalité des
deux reines de l'échiquier qui n’acceptent guère cette "étrangère" qui ne
connaît ni les conventions, ni les bonnes manières. Bientôt, Alice prend le
risque de traverser à nouveau le miroir.
Privilégiant une vision manichéenne du monde propre à l’adolescence, Lewis
Carroll ne peut que ramener Alice à la case de départ, ce qui, pour un homme
qui adorait les petites filles, sert à l’évidence son propre jeu…
Philippe
Grand, 1995
Extrait du programme

* * * *
1994
DESSINE-MOI UN MOUTON
d’après Antoine de Saint-Exupéry
Mise en scène : Philippe Grand

"Mais qui sont les meurtriers de Mozart ? Quels sont ces philistins qui
assassinent l’âme et étouffent l’humanité ? Une seule réponse est possible :
ce sont ces gens que nous considérons nous-mêmes comme des "grandes
personnes", ceux qui se sont érigés eux-mêmes en normes, avec leur
insensibilité, leur cynisme, leur désespoir..."
Eugen
Drewermann,
"L’essentiel est invisible pour les yeux,
une lecture psychanalytique du Petit Prince",
Editions du Cerf, 1993

Le Groupe Temps-Danse
Après
avoir présenté "Les Temps modernes" en 1993 lors de l’inauguration du
Complexe sportif du Collège de Derrière-La-Ville, quelques élèves ont
manifesté leur enthousiasme tant pour la danse que pour l’expression
théâtrale. Bénéficiant, dans le cadre scolaire, d’une heure de cours
facultatif, ces jeunes ont alors investi une grande part de leur temps de
loisirs à la préparation de "Dessine-moi un mouton".
Extrait du
programme

* * * *
1993
L’ILE DESERTE, d’Emmanuel Robles,
EN PLEINE MER, de Slavomir Mrozek
Mise en scène : Francis Ruedi et Anne Terraz
Un radeau perdu en pleine mer après un naufrage... Trois hommes qui lancent
un SOS pendant que leur linge sèche en mouillant les cordes. Il y a un
petit, un moyen et un gros. Ils ont faim, mais les provisions sont épuisées.
Ne leur reste bientôt plus qu’une solution : le cannibalisme. Comment
choisir la victime… Tirage au sort ? Elections ? Totalitarisme ?
Convaincre le plus faible de se sacrifier librement, voilà bien l’ultime
manœuvre d’une certaine forme de la civilisation…
"LE PETIT: La liberté, cela ne signifie rien. C’est seulement la vraie
liberté qui signifie quelque chose. Pourquoi ? Parce qu’elle est vraie, donc
meilleure. Mais où chercher la vraie liberté ? Raisonnons. Si la vraie
liberté et la liberté ordinaire ne sont pas la même chose, où donc se trouve
la vraie ? C est clair. La vraie liberté se trouve là seulement où la
liberté ordinaire n’existe pas."
Slavomir
Mrozek, "En pleine mer"
* * * *
1991
TEXTES ET MUSIQUES DU MOYEN-AGE
Mise en scène : Francis Ruedi et Anne Terraz
Joués en extérieurs dans le cadre des festivités du 700ème anniversaire de
la Confédération.

La farce est le seul genre dramatique médiéval à avoir survécu à l’usure des
siècles. Dernière-née de la fête carnavalesque caractérisée par une complète
libération des instincts, elle n’est qu’une des multiples manifestations
profanes comiques du Moyen-Age : soties, sermons burlesques, procès
parodiques ou monologues cocasses. Ses ressorts sont simples : tromperies,
quiproquos; ses personnages stéréotypés : maris trompés, mégères, niais...
Public
populaire, comique immédiat, grossièreté du verbe et du geste, ces
caractéristiques de la farce expliquent, sans doute, le mépris dans lequel
elle a été longtemps tenue. Le XVIème siècle la dédaigne, le XVIIème la
réserve à la "populace élevée dans la fange", le XVIIIème déplore avec
Voltaire que Molière ait "déféré au goût du peuple"; et le XIXème, avec
Sainte-Beuve, que les farceurs se soient consacrés à "l’éloge du cocuage, de
la pauvreté, du galimatias, de la laideur, du silence, du crachat".
Plus indulgent, le XXème siècle retient surtout la verve, la gaieté, le
naturel bon enfant d’un genre qui mérite, par sa structure propre et
l’utilisation qu’en ont faite non seulement Molière, Feydeau et Courteline,
mais aussi les "burlesques" du cinéma muet, que l’on s’attarde sur sa
spécificité. Malgré les critiques, la pérennité de la farce à travers les
siècles s’explique facilement. Ce genre "tout public" sait faire flèche de
tout bois dans un seul but : le rire.
Ch. Louette
TDC, janvier 1991, Centre Nat. de Doc. Péd.

* * * *
1990
ANTIGONE
De Berthold Brecht
Mise en scène : François Emery
Un texte d’actualité
Décembre
1989, la Roumanie se libérait du joug d’un dictateur qui faisait passer ses
démesurées ambitions personnelles avant la vie, le respect et les lois du
cœur. Toute la thématique de la pièce de Sophocle, le drame d’Antigone qui,
au prix de sa vie, va chercher à enterrer les restes de son frère tombé au
combat transgressant en cela l’édit inique du tyran Créon, se retrouvait
dans la lutte d’un peuple contemporain qui osait enfin prendre son destin en
main.
B. Brecht,
en 1948, à Coire, avait créé sur une traduction du "poète fou" Hölderlin un
"Antigone - Modell". La lecture de ce texte quelques années auparavant
m’avait fasciné par son actualité. Je décidai donc de me lancer dans cette
aventure dans la ligne des magnifiques mise en scènes de Philippe Grand.

Une aventure fabuleuse
Dans un
décor de Béatrice Lipp qui recréait l’atmosphère des souterrains de béton
des bunkers de la "Securitade roumaine", nos comédiens évoluaient en
costumes contemporains, Guy Reyren campait un tyran intransigeant et
mégalomane, Christine Emery, une Antigone dans toute sa dramatique et son
humanité, Aline Stoudmann une Ismène intense, partagée entre l’envie de
vivre et celle d’aider sa sœur, Philippe Châtelain un Tirésias profond et
désabusé, sans oublier Anne-Michèle Dorthe qui en direct au piano
s’accompagnait dans son rôle de Coryphée. Le chœur du peuple et des Anciens
qui intervenait, dansait, mangeait et apostrophait son tyran comme la foule
devant le palais de Ceaucescu à Bucarest.
Une
aventure fabuleuse pour moi qui ai toujours cru qu’avec une bonne troupe
d’amateurs, et dans un village comme le nôtre, il était possible de réaliser
avec succès plusieurs sortes de théâtre, même si ce théâtre est parfois
réservé à quelques salles "consacrées" à la création moderne.
Au théâtre du Jorat
La
réussite de cette aventure s’est révélée dans le succès populaire que la
troupe a rencontré et dans l’invitation reçue à venir jouer cette mise en
scène sur la mythique scène du Théâtre du Jorat à Mézières dans le cadre de
la Nuit de la St-Jean. Une apothéose qui avait d’ailleurs été mise en danger
par les éléments déchaînés lorsque des trombes d’eaux s’étaient abattues sur
le décor au moment de son transbordement de la grande salle du collège du
Centre à la grange de Bel-Air où Frank Mayor avait accepté de nous laisser
entreposer nos "souterrains" de carton-pâte.
Merci à la
troupe, merci à son comité de m’avoir fait confiance à l’époque; j’ai
toujours adoré sortir des sentiers battus et cette mise en scène fut un
moment extraordinaire de richesse humaine, de joie et de fierté.
François
Emery, été 2001

* * * *
1988
PIQUE NIQUE EN CAMPAGNE,
de Fernando Arrabal, L’APOLLON DE BELLAC,
de Jean Giraudoux.
Mise en scène : Philippe Grand, assisté de François Emery
A propos de "L’Apollon de Bellac"

Entre 1941
et 1942, la pièce fut envoyée à Jouvet qui avec sa troupe avait entrepris
une tournée en Amérique latine, échappant ainsi aux Allemands avec lesquels
il avait eu quelques démêlés. L’Apollon de Bellac fut créé le 16 juin 1942
au Théâtre Municipal de Rio de Janeiro.
Clin d’œil par-delà l’océan qui les sépare, Giraudoux adresse à son complice
un message truffé de références personnelles qui leur sont communes,
oscillant constamment entre les allusions plus ou moins directes concernant
le vécu théâtral de Jouvet et de sa compagne Madeleine Ozeray, et la charge
plus strictement autobiographique...
Cette constellation d’allusions représente pour nous la justification de
certains choix tant au niveau du jeu que de la mise en scène:
- la musique, au travers d’œuvres de Couperin et de Rameau tend à créer un
décor sonore XVIIème.
- 1’interprétation et le jeu d’Agnès prennent en compte les traits
principaux de l'Agnès moliéresque naïve et candide, voire maladroite au
début de la pièce, ambiguë et dominatrice insatiable en ses exigences à la
fin.
- Quant au personnage de Bellac, il nous a semblé que le plus intéressant
résidait sans doute dans la mise en œuvre d’un processus de distanciation,
qui nous amène a dédoubler, sur le plan de la relation, le couple Bellac -
Agnès et le couple Jouvet (metteur en scène) - Madeleine Ozeray (comédienne
débutante).
Ceci pour
l’envers du texte. Pour l’endroit. nous sommes persuadés que l’Apollon de
Bellac saura vous séduire et vous charmer. Et si d’aventure. une jeune femme
vous aborde, Messieurs, pour vous dire. "Comme vous êtes beau"... Peut-être
saurez-vous alors vous en méfier...

L’endroit
d’un texte (à propos de " Pique-Nique en campagne ") L’endroit ? Ailleurs,
ici, n’importe où. Maintenant, il y a bien longtemps déjà ou plus tard. Une
pièce hors du temps, hors d’un lieu. L'absurdité de la situation,
l’apparente absurdité des propos nous démarque de l’arrière-goût de guerre
d’Espagne qui pourrait demeurer. Pourtant cette pièce, qui dans une première
approche nous amuse et nous divertit, nous concerne et nous inquiète. Ce
soldat-enfant cher à Arrabal, ses parents qui de manière inconsciente et
insolite viennent pique-niquer en première ligne avec leur fils et un ennemi
récemment fait prisonnier nous interpellent précisément dans la mesure où,
au-delà du rire, il y a le goût amer des larmes de la guerre où qu’elle
soit.
Philippe
GRAND, 1987
Extrait du programme

* * * *
1987
LA CRUCHE CASSEE
De Heinrich von Kleist
Mise en scène : Philippe Grand
Considérée comme l’une des meilleures comédies allemandes, la pièce se
déroule à Huisum, petit village de la Hollande du XVIIIème siècle. Le juge
Adam (Claude Luginbuhl) est contraint de débrouiller une affaire dans
laquelle le coupable… n’est autre que lui !
Extrait du
programme

* * * *
1986
ROMULUS
de Friedrich Durrenmatt
Mise en scène : Philippe Grand
Romulus le Grand à la Compagnie des
Deux Masques
Pour
marquer le 5ème anniversaire de sa fondation, la Compagnie des Deux Masques
a choisi de présenter une comédie de Friedrich Durrenmatt : "Romulus le
Grand". Cette "Comédie historique en marge de l’Histoire", sous-titre de
Dürrenmatt lui-même, si elle est bien une comédie, est aussi une réflexion
sur le pouvoir, sur ceux qui le détiennent ou qui en sont victimes. Mise en
cause de notre société et de ses valeurs, cette pièce nous rappelle qu’une
civilisation n’est pas éternelle…

Mise en scène par Philippe Grand, la pièce a été interprétée avec brio par
des acteurs du village, renforcés par quelques amis de l’extérieur. Les
décors et les costumes nous ont fait oublier que l’action se passait sur la
scène de la grande salle... On se sentait vraiment transporté dans les
environs de Naples à l’époque de l’Empire romain. Ce spectacle n’avait rien
à envier à ceux présentés par de grandes compagnies sur les scènes du chef
lieu. Jean-Pierre Weber, dans le rôle de Romulus a énormément de présence
personnelle et ne laisse pas l’auditoire indifférent. Philippe Eggimann en
messager épuisé, les deux valets Alain Rochat et Philippe Reymond dans leur
façon servile de se mouvoir, ont réussi à donner une pointe d’humour à toute
l’œuvre. Les poules de M. Stauffer ont tenu leur rôle avec beaucoup d’humour
également. Quant à François Emery, il interprète avec un talent égal
l’industriel Kroupff puis Odoacre, prince des Germains, sans que l’on n’ait
pu se douter un instant que c’était le même acteur.
Félicitations à Paul Brunner et Valéria Palazzolo pour leur conception des
décors et des costumes, ainsi qu’à tous ceux qui les ont aidés à les
réaliser. Clins d’œil à François Langer, fiancé de Réa, fille de Romulus,
qui a joué toute la pièce en unijambiste et qui devait avoir les "fourmis"
dans sa jambe "amputée".
"Echos du
Gros-de-Vaud", 1986
* * * *
1985
INES de
portugal
D’Alejandro Casona
Mise en scène : Philippe Grand
La compagnie Des Deux Masques joue
"INES"
La pièce
débute dans une petite ville portugaise où l’on prépare le mariage entre Don
Pedro (François Rossel) et Constanza, infante d’Espagne (Catherine Cottier).
Cette dernière, à peine arrivée au Portugal, ne tarde pas à apprendre que
Pedro est épris d’une autre femme : Inès, une Portugaise sans titre de
noblesse (excellente Christine Emery). Les choses auraient pu en rester là
si le père de Pedro, le roi Don Alfonso (Claude Luginbuhl) n’avait exigé que
ce mariage soit béni et que Constanza œuvrât dans le même sens. L’infante
rencontre Inès et les deux femmes ont une âpre discussion. Arrive alors le
roi puis Pedro qui avoue à son père qu’il est marié à Inès, depuis sept
ans...

La Compagnie des Deux Masques rend avec force le tragique de cette pièce,
mêlant avec habileté l’authenticité historique des costumes et la modernité
des décors (Paul Brunner, Béatrice Lipp, Pricilla Schmid). Quant à la mise
en scène de Philippe Grand, elle est vivace et animée. La musique
accompagnant le spectacle (sous la responsabilité d’Anne Terraz) est
exécutée en partie avec des instruments anciens. Elle précise, toute en
nuances, le climat dramatique de cette lutte à la fois sentimentale et
politique.
Avec le
désir de prouver que, dans la périphérie lausannoise, il y a encore place
pour un théâtre authentique - et que celui-ci ne reste pas l’exclusif
privilège de la ville - la Compagnie des Deux Masques réalise là un projet
ambitieux.
P.G. -
"Journal de l’Ouest"
Réussite pour 30 amateurs ambitieux
A
l’enseigne de la Compagnie des Deux Masques, une trentaine d’amateurs
montent chaque printemps sur les planches à Cheseaux. Mais attention ! Les
représentations qu'ils donnent ne doivent rien aux classiques pièces de
boulevard qui, dans les villages, closent traditionnellement le concert
annuel des sociétés de chant ou de musique. Du tout ! Les comédiens emmenés
par Philippe Grand formulent tous des exigences de qualité. Robert Merle,
René de Obaldia, Max Frisch, Miguel de Cervantès : leur répertoire s’écarte
résolument des amusettes faciles pour public débonnaire.
C'est
parce qu’on ne frappait plus les trois coups dans son village que
l’instituteur Philippe Grand envisagea de fonder une troupe en 1981.
D’emblée, une quinzaine d’intéressés et d'intéressées s’annoncèrent
partants. Des gens de la bourgade, pour la plupart, prêts à consacrer
quelques heures de leurs loisirs à l' apprentissage du jeu de scène.
Fort de
cet engouement, le responsable de l’équipe en profita pour placer très vite
la barre à la hauteur des ambitions exprimées. On jouerait pour commencer
"La belle au Bois", de Jules Supervielle. Soit une pièce qui n’a que peu à
voir avec les divertissements cousus de gros fil. Par bonheur, les Gremeaux
(habitants de Cheseaux) accoururent en masse et saluèrent sans réserve cette
première tentative.
De la même
manière, les interprètes se serrèrent les coudes en 1983 et 1984, tandis que
le mois passé, près de 1000 personnes vinrent applaudir aux trois
représentations d’"Inès", fruit de l’effort collectif de 35 passionnés. Pour
une commune de 2500 habitants, le résultat relève de l’exploit.
Elan collectif
Il faut
dès lors en convenir : en dépit des préjugés, une petite localité
périphérique recèle suffisamment d’esprits curieux pour soutenir une
entreprise artistique fuyant la facilité et la démagogie. Mieux encore :
alors que les activités culturelles semblaient inéluctablement confinées
dans la capitale toute proche, voila soudain une démarche qui mobilise les
gens là où on ne l’attendait pas. "Personne ne parle vraiment ici de
cité-dortoir, explique Philippe Grand. Mais, du fait de la forte expansion
du village, ce risque ne peut être exclu. A cet égard déjà, nous sommes
heureux d’être parvenus à susciter un événement d’essence locale. " A la
vérité, la Compagnie des Deux Masques a quand même tôt fait d’essaimer à la
ronde. D’une part, la liste de ses membres s’est étoffée à tel point qu’il
devient parfois difficile d’attribuer un rôle à chacun. D’autre part, une
petite enquête a révélé qu’une proportion appréciable de spectateurs
provenaient de l’extérieur.

Le privilège de la disponibilité
Inutile de
préciser que, de tous les engagés, aucun ne songe à baisser les bras en si
bon chemin. La troupe dispose aujourd’hui d’une installation d’éclairage
complémentaire, de décors et de costumes. Charge à ceux qui ne figurent pas
dans la distribution de telle ou telle affiche de gérer ces équipements, au
titre d’éclairagiste, de régisseur ou d’accessoiriste, puisque tous les
participants sont systématiquement mis à contribution. "Le parcours est
d’autant plus exaltant qu’il offre à chacun la possibilité de s’initier à
toutes les facettes du métier", commente Philippe Grand. Il est vrai que
pour mener l’équipage à bon port, le capitaine tire habilement parti d’une
expérience de plusieurs années acquise dans le cadre du Théâtre à L’Eglise.
"Notre
grand privilège s’appelle disponibilité, reprend le metteur en scène. La
fidélité ainsi que l’assiduité des uns et des autres constituent une marque
d’encouragement certaine. Si, à l’automne, les répétitions n’ont lieu qu’une
fois par semaine, elles se doublent par la suite de week-ends de travail,
pour se terminer au rythme de séances quotidiennes durant la semaine qui
précède la première. Il reste que, excepté l’effervescence des ultimes
moments, nous savons prendre notre temps pour choisir 1’œuvre la plus
adéquate, la monter en évitant les bousculades et, finalement, la jouer avec
un maximum de sérénité."
Cet été,
pour la première fois, les comédiens quitteront leurs tréteaux de la
périphérie lausannoise pour se produire en France, à Aubignan, ville avec
laquelle est jumelée la commune de Cheseaux. Les autorités du village se
montrent ravies de pouvoir déléguer dans le Midi des ambassadeurs aussi
convaincants.
Joël Guillet
- "Lausanne-Cités", 11 avril 1985
* * * *
1984
MONSIEUR BONHOMME ET LES INCENDIAIRES
de Max Frisch
Mise en scène : Philippe Grand

"Cette pièce est une parabole. Une parabole ne reçoit sa signification que
dans la confrontation avec les problèmes les plus brûlants de l’actualité, à
l’endroit où elle est jouée."
Max Frisch
Pièce très excitante pour l'esprit
Je ne veux pas être plus malin que Max Frisch et je ne vous dirais donc pas
de quel terrorisme il s’agit ni si Biedermann est coupable ou innocent. A
vous de choisir. Mais ce dont je peux vous assurer, en revanche, c’est que
Biedermann et tes Incendiaires est une pièce extrêmement drôle, très
excitante pour l’esprit, pleine d'ironie, d'aphorisme à double tranchant de
blagues sournoises et qu'elle réunira contre elle les conformistes de tout
bord, ce qui est bon signe...
Pierre
Marcabru, "France-soir", 3 mars 76,
lors de représentations parisiennes.
Max Frish joué a Cheseaux
Excellente
interprétation, mise en scène occupant judicieusement l’espace utilisable,
acteurs de talent - amateurs et semi-professionnels, musiciens. Enfin des
personnages qui servent de toile de fond au sujet "brûlant" de l’action :
les pompiers et un chœur dans la tradition antique.
Bonhomme, c’est le bourgeois craintif, replié dans son confort domestique,
se voulant humanitaire; il fraternise avec ceux qu’il redoute dans l’espoir
de les amadouer et de reculer - voire d’éviter - le moment fatal où sa
maison sera à son tour frappée par la violence, en l’occurrence le feu.
Terriblement et amèrement actuel, le thème du Bonhomme ! Un Bonhomme ici
fort bien servi par Claude Luginbuhl, entouré des deux lascars bouteurs de
feu, François Rossel et Patrick Bovey, détendus à souhait dans des rôles
qu’ils incarnent avec brio.

Mais ils
sont, en fait, plus de vingt acteurs à former une troupe homogène,
talentueuse, promise au succès lors des trois représentations des 29, 30 et
31 mars. Et il y aura une supplémentaire le 6 avril. Que ceux de Lausanne ne
manquent pas de "monter" à Cheseaux:
l’incendie en vaut la peine !
S.M. - "Le
Journal de l’Ouest"

* * * *
1983
L’AZOTE (René de Obaldia),
SYSIPHE ET LA MORT (Robert Merle),
LE TRIBUNAL DES MAL MARIES (Miguel de Cervantès)
Mise en scène de Philippe Grand
Triple défi a Cheseaux
Un choix
judicieux : trois courtes pièces en un acte, réalisées par ce groupe de
théâtre amateur qui se réfère à une notion plus large, celle du "groupe
amical". Un grand moment de théâtre, réalisé par des amateurs, au sens vrai
du terme.
"Le tribunal des mal mariés", de Cervantès, gaieté et humour pour en guise
de défi au divorce.

Défi à la mort avec "Sisyphe et la mort", de Robert Merle. Sisyphe a
subtilisé la plume d’or à la Mort… C’est Claude Luginbuhl qui incarne le
lugubre personnage, dans une brillante interprétation. La mort n’existe
plus. Et pourtant, chacun vient la revendiquer… Guy Jaillet est un
journaliste très convaincant, aux côtés de Sisyphe, dont Francis Ruedi se
fait l’interprète, sachant donner à ce double rôle de personnage mythique et
de cafetier grec un accent saisissant de vérité…
Puis, défi à la guerre, à la communication entre les êtres, avec "L’Azote",
de René de Obaldia. La vieille maman vit son rêve en berçant l’enfant devenu
soldat; l’amie, putain, exerce sa séduction sans succès en s’enfermant dans
la réalité de son vécu. Le soldat, lui s’enfouit totalement dans la guerre,
sans brisure, sans plus aucun lien avec ceux qui l’entourent…
Anne-Lyse Margot, "24 HEURES"

* * * *
1982
LA BELLE AU BOIS
de Jules Supervielle
Mise en scène : Philippe Grand

La
Compagnie des Deux Masques présente "La Belle au Bois" de Jules Supervielle
à la grande salle du Collège de Cheseaux. Pour une première éclosion, cette
troupe réussit un coup de maître.
"24 HEURES"
L’histoire invente des histoires, bigre ! La légende prévaut-elle vraiment ?
Courez voir cette pièce. Elle mettra plein de désordre et d'air frais dans
votre tête. Un amour d’outre énigme qui rend balourd tous les humains
ameutés en dernière minute pour y mettre bon ordre. Lequel ? Pourquoi ?
"24 heures"

Le succès à Cheseaux
"Les héros
de Charles Perrault, à force de vivre sous la même couverture d’un même
livre, devaient finir pas se connaître et par agir les uns sur les autres".
C’est ainsi que Jules Supervielle résume le thème de "La Belle au Bois", que
la toute jeune compagnie des Deux Masques présentait vendredi et samedi.
Toute jeune, car c’étaient là les premiers pas en public de cette compagnie
d’amateurs. Et il n’y a absolument aucun doute à avoir : c’est un succès.
Dans une pièce pas toujours facile à interpréter, où l’humour, l’amour, la
haine, la tristesse et la peur se mêlent, il fallait réussir à recréer une
ambiance, une atmosphère. Pari difficile, pari gagné. Dans des décors
sobres, mais évocateurs, avec des jeux de lumières reflétant les sentiments,
les acteurs ont su trouver le ton juste. Il n’y a qu’un vœu à exprimer: que
Philippe Grand et toute la troupe se remettent très vite au travail afin de
nous présenter bientôt une autre œuvre qui nous fasse passer un aussi bon
moment !
"Echo du
Gros-de-Vaud"
