Noé Graff
Symphonie pinot...
«Quand mon père a planté du pinot noir dans les années 1940, une délégation
du village, emmenée par le syndic, est venue lui dire solennellement qu'il
courait à la faillite et qu'il était un mauvais exemple pour la région»,
rigole Noé Graff. Feu son père, René, était un «urbain» qui avait «appris
vigneron» dans les années 30, à Nuits-Saint-Georges, chez les Lupé-Cholet.
«Un jour, la baronne lui avait demandé s'il ne voulait pas rester...
J'aurais dû naître vigneron bourguignon», raconte le fils, qui, sur les
étiquettes, avait mentionné naguère «Noé Graff et son père». Et qui pourrait
bien passer à «Noé Graff et sa fille», puisque Noémie commence son
apprentissage de caviste, après des études universitaires et un mémoire
remarqué sur le vin des Romains. Son père avait bien fait le droit... Ainsi
se croisent les destins sur ce domaine de 7 ha, à Begnins, qui vend tout en
bouteilles, «un mode de survie». A l'exception d'une bricole de chasselas,
deux tiers de pinot noir et un tiers de gamay, à l'enseigne du Satyre. Une
étiquette accouchée d'une soirée de beuverie, mais qui, dessinée par
l'artiste René Berthoud, garde toute sa poésie colorée. «En matière de
vinification, mis à part le chauffage de la vendange pour extraire de la
couleur, je ne vois pas d'originalité depuis un demi-siècle. Il n'y a qu'une
vérité: après les vendanges, les jeux sont faits», assure le vigneron. Il
faut donc travailler en amont, dans les vignes.
Source : Pierre Thomas
www.thomasvino.ch